« Très minoritaires en prison, les femmes sont les grandes oubliées du système pénitentiaire. Elles ne représentent que 3,3% de la population détenue. Une proportion stable.  Seules deux prisons leur sont spécifiquement réservées : le centre pénitentiaire de Rennes et la maison d’arrêt de Versailles. En dehors de ces établissements, elles sont affectées dans des quartiers à part dans des prisons pour hommes, avec lesquelles elles ne doivent, en principe, avoir aucun contact. Plus encore que les hommes, le parcours des femmes détenues est très souvent chaotique, émaillé de ruptures et de violences subies dès l’enfance. La perte des liens durant l’incarcération est en outre plus marquée. Isolées des hommes derrière les murs, les femmes pâtissent aussi d’un moindre accès aux locaux collectifs, et donc au travail, à la formation, aux activités socioculturelles et sportives ainsi qu’aux soins. » 

Il faut une sacrée volonté pour décider de changer de vie, mais quand on voit les créations de nos élèves, on se dit qu’il y a de l’espoir.

 

Lors des animations, pour débuter un autre modèle, certaines piochent des idées dans le « lexique des points », écrivent dans leur langue quelques observations, nous regardent avec des airs langoureux et sourire jusqu’aux oreilles pour obtenir la couleur de fil de leur choix et s’y attèlent dans un silence religieux. Les pulls qui illustrent ces lignes, sont créés sans l’appui d’ explications!

D’autres, tout en travaillant, papotent avec nous , racontent des copines libérées, des surveillantes sympas ou pas, de la bouffe qu’elles accompagnent de petits plus achetés en cantine, de leurs enfants…

Il y a aussi, « les silencieuses », concentrées, qui reviennent le lundi suivant avec un sac, tricoté et doublé de tissu assorti.

Une autre encore, très déterminée, étudie pour préparer « sa vie d’après ». C’est rare. Suivre des cours par correspondance, se concentrer sur les bouquins et les devoirs, dans le tumulte d’une prison et  une cellule de 9m2 partagée avec une codétenue, mérite le respect.

 

Voilà pourquoi cela reste des moments uniques que nous aimons retrouver tous les lundis.

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